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Club Cigales : mode d’emploi
Les cigales du Nord Pas de Calais
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Portraits de cigaliers
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Pourquoi vous êtes-vous engagé dans le mouvement des cigales ? :
Fabien Berlemont : "J’ai toujours été engagé dans l’action associative. A l’époque, je travaillais encore dans l’industrie. J’étais ingénieur dans la métallurgie. Et j’ai vu ce qu’était la crise, les problèmes du chômage. J’ai pensé que c’était bien de faire quelque chose. Les cigales permettaient d’aider des gens à créer leur propre entreprise, qui sans nous ne l’auraient peut-être pas fait. Je me suis dit que ma connaissance du fonctionnement et de la gestion d’une société pourrait être utile. Et mon expérience m’a bien servi ! C’est le côté qui me semble le plus important : ce suivi réel qu’on apporte aux créateurs !".
Qu’est-ce qui, selon vous, fait l’originalité des cigales ?
F.B. : "On apporte un accompagnement à des personnes qui ne sont pas toujours en mesure de démarrer une entreprise. Dans la première cigales créée, il y a onze ans, on a constaté un taux de survie de 75 % des entreprises que nous avions soutenues au-delà de cinq ans. C’est beaucoup ! Je pense que c’est justement ce suivi qui permet cette réussite.
Quelles leçons tirez-vous de vos premières expériences de cigalier ?
F.B. : "D’abord, l’importance du recrutement. Dans la première cigales, on était parfois un peu juste dans les conseils à donner. La troisième cigales rassemblait, entre autres, quatre personnes ayant des compétences en gestion. Maintenant, quand on aide une entreprise, dans le binôme chargé du suivi, il y a toujours un comptable. On est aussi moins nombreux, à peine douze, mais tout le monde s’investit. Dans la première cigales on était vingt et certains étaient plus impliqués que d’autres. Je pense vraiment qu’il vaut mieux faire deux petites cigales qu’une grosse !
Ensuite, on prend des précautions. On passe avec les entreprises qu’on aide une convention, dans laquelle elles s’engagent à mettre en place des tableaux de bord qu’elles nous fournissent mensuellement. Elles nous donnent aussi accès aux infos comptables qu’on juge nécessaires. On pose ces exigences dès le départ, pour pouvoir fonctionner ensuite comme on le souhaite."
Quels sont les critères selon lesquels vous sélectionnez vos projets ?
F.B. : "On aide ceux qui ont vraiment besoin, et qu’à part nous personne n’aiderait. On prend un risque que les banques ne veulent pas prendre, mais c’est parce que l’on parie surtout sur la personne et sa capacité à faire vivre son projet. Et ensuite, on l’accompagne. En fait, savoir ou non si on va perdre notre investissement ne nous intéresse pas. Ce qui nous préoccupe, c’est que le projet réussisse et on fait tout ce qu’on peut pour que cela se passe bien.
On ne veut pas faire courir de risque à un candidat qui vit déjà une situation difficile. On sait qu’une rechute c’est très dur sur le plan humain. Alors, assez souvent, on déconseille de créer l’entreprise. Sur dix dossiers étudiés, on n’en soutient qu’un seul en moyenne, ce qui signifie qu’on passe beaucoup de temps à chercher des porteurs de projets, c’est une phase très lourde de notre travail de cigalier ".
Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile ?
F.B. : "On ne trouve pas de projets à soutenir ! Cela veut dire qu’on passe beaucoup de temps à faire des recherches, à essayer de se faire connaître des partenaires potentiels qui pourraient nous envoyer des candidats...
Quelle est votre plus grande satisfaction de cigalier ?
F.B. : "Aujourd’hui, les trois entreprises qui ont démarré grâce à notre première cigales ont créé 70 emplois, dont trente contrats d’insertion... C’est un bon bilan, on sait que c’est en partie grâce à nous que tout cela a été possible !"
Propos recueillis par Véronique Bourfe-Rivière pour l’agence Epices, tél 01 42 77 10 00
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