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Club Cigales : mode d’emploi
Les cigales du Nord Pas de Calais
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Portraits de cigaliers
- On fait ce qu’il faut pour que l’entreprise réussisse !
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- Un accompagnement avant tout humain
- Le sens de l’argent qu’on avait perdu...
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- La cigales CICADA : "mettre la finance au service de l’homme"

Avant d’arriver aux Cigales, Jean Thierry a été chargé du financement de l’habitat social à la Caisse des dépôts. « Notre souci était que les habitants des quartiers HLM vivent mieux. Il y avait un programme qui s’appelait « développement solidarité » pour financer les investissements qui redonnent de la qualité à la vie des gens et apportent de l’activité aux quartiers ! »
Les cigales lui semblent être « un outil intéressant » mais « qui souffre de ne pas être assez connu ». Aussi il apprécie la manière dont le département du Nord a un peu bousculé les habitudes des Cigales.
Le Conseil général a été sensible à l’idée que nous avions déjà une épargne qu’on pouvait davantage investir, et que donc il fallait être mieux connus, pouvoir aider les clubs à recevoir de bons projets.
C’est ainsi qu’a été mis en place un plan de communication, pour toucher les partenaires de la création d’entreprise et de l’économie solidaire, qu’ils aient le réflexe de faire connaître aux créateurs la possibilité que nous leur offrons d’avoir du capital et un accompagnement.
Pour Jean Thierry, en matière d’investissement, le nombre d’entreprises accompagnées ou le nombre d’emplois créés n’est pas tout. « Il faut que le projet soit économiquement fiable, que ça donne un peu de sens à l’épargne. Il faut que les cigaliers sentent que ça sert à quelque chose, qu’ils soient fiers de là où ils ont mis leur argent ensemble... Ceux qui viennent voir les Cigales et les partenaires qui y croient sont ceux qui ont compris qui on était ! »
Un autre rapport à l’argent
Même s’il a conscience que souvent, pour les cigaliers, l’aspect financier est moins important que l’aspect humain, cela lui semble symboliquement essentiel. « C’est vraiment l’argent des membres du club qui est sur la table, et qui est apporté à d’autres, avec un vrai risque de perte. C’est un engagement réel ! Et cela, à mon sens, c’est unique, propre aux Cigales. C’est autre chose que le don, ou que le prêt ! Il y a un rapport de confiance qui se crée, les cigaliers ont envie que le porteur de projet réussisse.
Avec l’argent, c’est donc aussi de la confiance qu’on lui donne. Et c’est pour cela que quand un projet ne fonctionne pas, ce n’est pas « il ne va pas nous rendre notre argent » que l’on entend, mais « on n’a pas de nouvelles », parce que c’est avant tout une déception humaine... »
Ce que Jean Thierry souligne, c’est « une espèce de transparence avec l’argent qu’apportent les Cigales. C’est ça qui est fort ! Ce n’est pas je boursicote dans mon coin...
Au contraire, voila des gens qui s’intéressent au développement d’autres personnes d’autres milieux et d’autres environnements. Il y a un engagement de cœur. Ici, l’argent sert un mode de développement, alors que souvent, à l’inverse, il isole ! On retrouve peut-être dans les Cigales un sens de l’argent qu’on avait perdu, parce qu’avant, le mot crédit avait aussi le sens de confiance. On allait à la banque emprunter de l’argent accompagné d’un père ou d’un oncle, d’un ami, qui se portait garant. Les Cigales jouent un peu ce rôle-là, il y a une connivence qui s’établit entre le porteur de projet et ses parrains »
Tout le monde a sa place dans une Cigales.
Pour lui, les Cigales, c’est « avant tout le club. Un lieu où l’on va et où on aime se retrouver. Un club qui fonctionne, c’est un club où les gens ont du plaisir à être ensemble. Ensuite, bien sûr le réseau doit être ouvert, pour que tout le monde s’y retrouve. Il y a les temps de travail communs, entre les clubs qui peuvent être très différents d’un lieu à un autre.
Et puis les permanents, qui doivent y croire, écouter, relancer, faire du lien...
Il faut être vigilant en permanence, pour s’ouvrir à d’autres milieux, d’autres types de quartiers ». Ça n’est pas facile ! « On n’est pas assez présents dans les quartiers en voie de restructuration.
Le CA de l’association régionale s’est fixé comme objectif de nous développer dans les secteurs où nous n’étions pas. Il faut savoir que selon les clubs, l’épargne apportée varie de 5 à 60 euros par mois, et qu’elle est en moyenne de 20 à 25 euros.
Tout le monde a sa place dans un club Cigales, et nous veillons à être présents dans tous les univers.
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